La Norden 901 est une bonne trail routière, souple, stable et capable en tout-terrain léger. Sur autoroute, les essais lui prêtent 200 km/h avec une tenue de cap remarquable (valeur rapportée, non homologuée). Elle consomme 4,5 L/100 km pour 105 ch, et elle est mieux équipée de série que sa cousine KTM. Son défaut est unique mais sérieux : la chaleur du catalyseur, citée par tous les testeurs, remonte sur les jambes et devient quasi insupportable par 30 °C. Selon votre climat et votre façon de rouler, ce point peut peser peu ou rayer la moto de votre liste.
Une KTM 890 Adventure en tenue suédoise
Présentée au salon de Milan en 2019, la Norden est la première vraie moto d’aventure de Husqvarna. Elle partage avec la KTM 890 Adventure son moteur (dérivé du LC8c), son cadre et son bras oscillant. La comparaison est donc inévitable, et elle se joue moins sur la mécanique que sur l’équipement, la selle et le comportement de l’ensemble.
Sous le réservoir, un bicylindre parallèle calé à 435°, 889 cm³, annonce 105 ch à 8 000 tr/min et 100 Nm à 6 500 tr/min. Ces valeurs viennent de la synthèse d’essais et n’ont pas été recoupées sur la fiche constructeur : vérifiez-les avant d’acheter. Le cadre est en acier chrome-molybdène, avec moteur porteur, et la fourche est une WP Apex de 43 mm offrant 220 mm de débattement.
Le moteur : souple en bas, plus nerveux au-dessus de 3 500 tr/min
Le bicylindre se distingue par son absence de vibrations désagréables, ce qui compte sur de longues étapes. À bas régime, il est très souple : on peut rouler sur un filet de gaz en ville ou sur un chemin sans le brusquer. Il révèle son tempérament plus sportif à partir de 3 500 tr/min, avec une montée en régime plus franche au-delà. Ce ressenti est rapporté par les essais, pas mesuré, mais il décrit bien le double visage de ce moteur : tolérant en usage tranquille, vivant quand on le sollicite.
Le shifter up & down de série prolonge cette polyvalence : passages de rapports sans lâcher les gaz, utile en conduite soutenue comme en duo chargé.
Route et autoroute : maniable et posée
La répartition des masses, avec un réservoir placé bas, abaisse le centre de gravité. La moto se manie sans effort et son rayon de braquage compte parmi les plus courts de la catégorie, ce qui aide en demi-tour sur route étroite comme en manœuvre. Le poids annoncé est de 204 kg à sec, un chiffre qui ne dit pas le poids en ordre de marche : ajoutez l’essence et les fluides, et pesez-le mentalement avant de la pousser dans un garage en pente.
À haute vitesse, c’est l’aérodynamique soignée, avec un dispositif de tunnel frontal créant deux flux d’air régulateurs, qui explique la stabilité et la tenue de cap saluées par les testeurs. Pour un usage autoroutier fréquent, c’est un vrai point fort, d’autant que l’autonomie dépasse 350 km avec le réservoir de 19 litres et la consommation moyenne de 4,5 L/100 km. Elle varie selon le style de conduite et la charge, mais les étapes de 500 km en duo ne font pas peur selon les essais.
Accessibilité : deux hauteurs de selle
La selle se règle sur deux positions : 854 mm en position basse, 874 mm en position haute. Avec une garde au sol de 252 mm, la Norden reste haute, mais la position basse la rend accessible aux gabarits modestes, tandis que la position haute convient aux grands pilotes. Si vous hésitez, c’est le premier test à faire en concession : poser les deux pieds, puis manœuvrer à l’arrêt, moto chargée si possible.
La question se pose autrement pour qui vient d’une machine plus basse. Les motards qui comparent avec d’autres trails de la catégorie trouveront des repères dans les retours sur des modèles comme la Honda NT1100 ou la BMW R 1250 GS surbaissée, utiles pour jauger ce que la hauteur de selle change au quotidien.
Ce que la Norden offre de plus que la KTM
À moteur et cadre équivalents, c’est l’équipement qui fait pencher la balance. La Norden reçoit de série :
- un shifter up & down, sans supplément ;
- de vrais protège-mains ;
- une selle au revêtement spécifique, qui améliore la stabilité du pilote.
La synthèse d’essais note que ces éléments ne sont pas inclus de la même façon sur la KTM. La comparaison est rapportée telle quelle, sans détail millésime par millésime : vérifiez la liste d’équipement de la version que vous visez, des deux côtés, avant de comparer les tarifs. Côté électronique, trois modes de conduite sont livrés de série (Street, Rain, Offroad), le mode Explorer, comparable au Rally de KTM, restant en option.
Hors route : capable, sans être une machine d’engagement
En tout-terrain léger, la Norden se défend bien. La position debout sur les repose-pieds est naturelle et efficace, avec un excellent contrôle du train directeur. Les pneus d’origine, des Pirelli Scorpion Rally STR en 21 pouces à l’avant et 18 à l’arrière, sont à vocation mixte. Les essais la décrivent d’abord comme une trail polyvalente : elle passe chemins, pistes roulantes et étapes de voyage, mais n’est pas un engin de franchissement extrême. Si vous cherchez ça, le profil de la moto n’est pas le bon.
La chaleur du catalyseur : le point à tester avant tout
C’est le défaut numéro un, cité par tous les testeurs. La chaleur du moteur et du catalyseur remonte sur les jambes du pilote. Par 30 °C, elle devient quasi insupportable. Ce point est rapporté sans mesure de température : la gêne dépend de votre taille, de votre pantalon, de votre position de conduite et de votre vitesse.
Ce qui rend la situation supportable ou rédhibitoire dépend de quelques variables :
- Le climat : par temps frais, l’impact est bien moindre. Un motard qui roule surtout au printemps et à l’automne le subira peu.
- L’allure : en roulant, le flux d’air aide. En ville, dans les bouchons ou à l’arrêt, l’inconfort est maximal.
- L’équipement : un pantalon épais et ventilé change la perception de la chaleur, sans la supprimer.
La recherche mentionne que certains propriétaires ont trouvé des parades, mais le détail est tronqué dans les sources disponibles : je ne vous donnerai pas de solution précise. Posez la question directement à votre concessionnaire et sur les forums de propriétaires.
Le test à faire est simple : essayez la moto par temps chaud, avec votre pantalon habituel, et restez-y en ville. Si vous roulez surtout dans le sud en été ou en agglomération, ce point peut suffire à la rayer de votre liste. Pour mesurer ce qu’un défaut récurrent change vraiment à l’usage, les retours sur la CFMoto 800 MT montrent comment lire les défauts signalés sans les surestimer.
Pour qui, et pour qui pas
La Norden 901 convient à ces profils :
- le motard qui roule surtout sur route et autoroute, avec un peu de piste, et qui veut une moto stable, souple et bien équipée sans option à ajouter ;
- celui qui hésite avec la KTM 890 Adventure et que l’équipement de série fait pencher du côté Husqvarna ;
- le pilote de gabarit moyen ou petit, qui profite de la selle réglable à 854 mm ;
- celui qui voyage en duo et enchaîne les longues étapes.
Elle est à écarter, ou à essayer avec méfiance, dans ces cas :
- vous roulez surtout par temps chaud, en ville ou dans les bouchons : la chaleur du catalyseur peut devenir rédhibitoire ;
- vous cherchez une vraie machine de franchissement tout-terrain engagé ;
- la hauteur de selle, même en position basse, vous met mal à l’aise à l’arrêt.
Dans tous les cas, l’essai en concession vaut la peine, à condition de le faire dans les conditions qui vous gêneraient vraiment : chaleur, circulation lente, manœuvres chargé.