Benelli TRK 702 : quelle fiabilité peut-on vraiment attendre de cette routière?

Benelli TRK 702

Une moto italienne fabriquée en Chine, vendue moins cher qu’une V-Strom 650, et qui s’écoule à plus de 7 000 exemplaires en un an sur le seul marché italien – le profil de la TRK 702 intrigue.

Avant d’acheter, beaucoup se posent la même question : cette moto tiendra-t-elle dans le temps, ou le prix accessible cache-t-il des compromis sérieux sur la durabilité?

Moteur, châssis et équipements : ce que la TRK 702 a sous le capot

La TRK 702 s’appuie sur un bicylindre en ligne de 698 cm³ développant 70 ch (51,5 kW) à 8 000 tr/min et un couple de 70 Nm à 6 000 tr/min.

La mécanique répond aux normes Euro 5+. Une version bridée A2 existe, avec 47,6 ch et 58 Nm de couple, pour les permis en restriction.

La version standard affiche 215 kg à sec et 239 kg en ordre de marche, une hauteur de selle à 790 mm et des roues de 17 pouces chaussées en Pirelli Angel GT.

La version X monte à 244 kg en ordre de marche, avec une selle rehaussée de 46 mm (836 mm) et une roue avant de 19 pouces avec des pneus mixtes – un profil plus orienté chemins dégradés.

En 2025, Benelli intègre de série des crash-bars, un écran TFT 5 pouces connecté (Bluetooth et Wi-Fi) et deux ports USB (type A et type C). L’équipement monte clairement en gamme par rapport à la génération précédente.

La fiabilité de la Benelli TRK 702 est-elle au niveau de ses concurrentes?

Benelli TRK 702

La question de fiabilité sur la TRK 702 ne peut pas être traitée sans regarder ce qui se passe sous le carter.

Le moteur bicylindre de cette génération est une mécanique qui a déjà fait ses preuves : Benelli l’a développé sur plusieurs cycles, et les propriétaires de TRK 502 – plus de 6 600 unités livrées en Europe en 2022 – ont fourni un retour terrain utile sur la robustesse de base de cette architecture.

La conformité Euro 5+ signifie une injection et une gestion électronique récentes, sans complexité excessive.

Les intervalles d’entretien sont fixés à 6 000 km, soit deux fois plus rapprochés que sur une Aprilia Tuareg 660 ou une moto de segment équivalent – ce point mérite attention sur le coût global de possession.

Par rapport à la Suzuki V-Strom 650, dont le bicylindre en V accumule plusieurs décennies de retour terrain, la TRK 702 a moins d’historique.

Ce n’est pas rédhibitoire, mais ce serait mentir que de prétendre que les deux moteurs ont le même capital de confiance accumulé.

Problèmes signalés par les propriétaires de TRK 702

Les retours terrain sur la TRK 702 restent encore limités par le recul – le modèle est récent. Sur les forums francophones et italiens, plusieurs propriétaires signalent des vibrations ressenties aux repose-pieds et au guidon à certains régimes, notamment entre 4 000 et 5 500 tr/min.

C’est un défaut connu sur les bicylindres parallèles à ce niveau de cylindrée, pas spécifique à Benelli, mais assez présent pour être mentionné.

Des remontées ponctuelles évoquent des problèmes de qualité des finitions : câblages mal serrés, plastiques dont les ajustements laissent à désirer, visserie insuffisamment serrée en sortie d’usine.

Ces défauts ne compromettent pas le fonctionnement mécanique mais reflètent les limites d’un assemblage à ce prix. La disponibilité des pièces et la densité du réseau sont des interrogations légitimes pour un acheteur français.

Benelli a développé son réseau ces dernières années, mais un propriétaire éloigné d’un grand centre urbain peut se retrouver avec des délais d’approvisionnement plus longs qu’avec une marque japonaise.

Ce n’est pas un problème mécanique en soi, mais c’est une réalité d’usage. Aucun rappel officiel majeur n’a été identifié sur cette génération à ce jour. Les pannes graves restent des cas isolés plutôt qu’une tendance documentée.

Avis et retours d’expérience des propriétaires

Les propriétaires qui s’expriment en ligne convergent sur deux points positifs : les suspensions font du bon travail sur route dégradée, avec un amorti souple qui absorbe réellement les irrégularités, et le moteur n’est pas une source de frustration – il délivre son couple de façon progressive, sans à-coup. Ce sont des qualités concrètes sur un usage quotidien.

La version X est appréciée par ceux qui veulent une moto polyvalente capable de passer sur chemins sans être une enduro pure. La roue avant de 19 pouces change effectivement le comportement sur revêtement irrégulier.

En revanche, quelques utilisateurs de grande taille signalent que la selle à 836 mm reste encore limite pour des étapes longues avec du chargement.

La version A2 reçoit des avis globalement positifs de la presse spécialisée : le bridage à 47,6 ch ne rend pas la moto anémique, et le couple de 58 Nm suffit pour un usage courant.

Les jeunes permis y trouvent une moto dimensionnée pour leur catégorie sans avoir l’impression de piloter un jouet.

Les critiques récurrentes portent sur la hauteur du pare-brise en position basse, jugée insuffisante pour les sorties autoroute prolongées, et sur l’ergonomie des commandes électroniques jugées moins intuitives que sur des concurrentes japonaises.

Des petits défauts, pas des défauts rédhibitoires.

Consommation et autonomie : ce que donnent les chiffres réels

Les mesures vérifiées situent la consommation de la TRK 702 entre 4,24 L/100 km en usage extra-urbain et 5,01 L/100 km sur autoroute. À 90 km/h stabilisés, on tombe à 4,26 L/100 km.

À 120 km/h, le compteur monte à 4,85 L/100 km – une valeur très raisonnable pour ce gabarit.

Avec un réservoir de 20 litres, l’autonomie dépasse 420 km en usage mixte. À 120 km/h constant, vous atteignez 392 km avant de devoir vous arrêter – ce qui correspond à une vraie étape routière.

En utilisation sportive intensive, la consommation peut monter jusqu’à 10,21 L/100 km, mais ce scénario ne correspond pas à l’usage réel de cette moto.

Ces chiffres placent la TRK 702 dans une bonne moyenne pour la catégorie. La V-Strom 650 tourne autour de 4,5 à 5,5 L/100 km selon les usages, soit un écart négligeable.

Pour les grands routiers, une autonomie de plus de 400 km signifie une seule pause carburant pour 800 km de trajet.

Les Benelli nécessitent-elles beaucoup d’entretien?

Benelli TRK 702 performances de la moto

La périodicité des révisions est fixée à 6 000 km, contre 8 000 à 12 000 km chez plusieurs concurrentes japonaises.

Concrètement, si vous roulez 8 000 km par an, vous passez en révision environ une fois et demie dans l’année. Sur dix ans de propriété, cela représente plusieurs visites supplémentaires chez le concessionnaire.

Une révision standard sur ce type de bicylindre (vidange, filtres, vérifications) se situe généralement entre 150 et 250 € selon le concessionnaire et la région.

Le coût annuel d’entretien reste donc gérable, mais dépasse celui d’une moto à intervalles plus longs. C’est le compromis à intégrer dans le calcul du coût total de possession.

Sur la disponibilité du réseau, Benelli compte aujourd’hui plusieurs dizaines de points de service en France. La situation s’améliore, mais elle reste moins dense qu’un réseau Honda ou Yamaha.

Pour un usage en zone rurale éloignée, l’accès au réseau de service reste un critère à peser autant que la fiabilité mécanique brute. Ce point s’applique à d’autres marques également.

La Benelli TRK 702 reste une proposition solide à moins de 7 500 €

À 7 490 € en 2024, la TRK 702 se positionne 1 500 € en dessous d’une V-Strom 650 affichée à 8 999 €.

Pour cet écart, vous obtenez une moto récente, conforme Euro 5+, avec un écran TFT connecté, des crash-bars de série et deux versions (standard et X) adaptées à des usages différents.

Le succès commercial confirme que la proposition parle aux acheteurs : 7 344 unités vendues en Italie en 2024, une performance que le marché moto n’avait pas vue à ce niveau depuis plus de quinze ans.

Et la TRK 502 avait déjà été la meilleure vente pendant quatre ans consécutifs – Benelli construit une vraie base d’utilisateurs sur ce segment.

La TRK 702 n’est pas la moto la plus robuste sur le papier, et son réseau de service ne rivalise pas encore avec les grands constructeurs japonais.

Mais pour un budget maîtrisé, elle offre un bicylindre sobre, des suspensions efficaces et une polyvalence réelle entre route et chemins dégradés.

La fiabilité d’une moto ne se résume jamais à l’origine du constructeur – elle se construit dans le sérieux de l’entretien et le respect des intervalles préconisés. Avec la TRK 702, vous avez votre part à jouer.