Marché moto en février 2026 : +7,9 %, mais par rapport à quoi ?

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En février 2026, 11 749 motocycles ont été immatriculés en France, soit 860 unités de plus qu’en février 2025 et une progression annoncée de +7,9 %. Le chiffre semble positif. Il l’est, à condition de savoir depuis quel plancher il rebondit : en février 2025, le marché avait chuté de -27,1 %. Rapporté à février 2024, ce mois de février 2026 accuse encore un recul de -21,3 %. La hausse est réelle ; ce qu’elle signifie pour la santé du marché, c’est une autre question.

Les chiffres de février 2026

Les 11 749 immatriculations se répartissent entre deux segments principaux : 2 933 motos en 125 cc et 8 816 en gros cubes. Les gros cubes représentent donc un peu plus des trois quarts du volume total (8 816 ÷ 11 749 = 75 %), ce qui reste une structure classique du marché français.

Période Immatriculations Variation
Février 2024 14 925 * référence
Février 2025 10 889 * -27,1 % vs 2024
Février 2026 11 749 +7,9 % vs 2025 / -21,3 % vs 2024

* Volumes février 2024 et 2025 calculés à partir des variations fournies : 11 749 ÷ 0,787 = 14 929 ≈ 14 925 pour 2024 ; 11 749 – 860 = 10 889 pour 2025. Arrondis liés aux données sources.

Le tableau dit l’essentiel. Entre 2024 et 2025, le marché a perdu près d’un quart de ses volumes en un seul mois. Entre 2025 et 2026, il en récupère une infime fraction. Le solde reste très négatif sur deux ans.

Ce que le +7,9 % ne dit pas seul

L’effet base de comparaison est un mécanisme purement arithmétique : quand un mois de référence est exceptionnellement bas, n’importe quel niveau légèrement supérieur produit mécaniquement un taux de progression flatteurd. Ce n’est pas une manipulation ; c’est simplement ce que signifie un pourcentage d’évolution.

Ici, février 2025 était une anomalie baissière sévère (-27,1 %). Progresser de +7,9 % depuis ce creux revient à récupérer à peine un tiers de ce qui avait été perdu l’année précédente. Le marché ne repasse pas au-dessus de son niveau de 2024 ; il s’en rapproche très modestement.

Ce contexte doit être lu en regard du bilan moto-scooter de l’été 2026, où d’autres facteurs conjoncturels ont continué de peser sur les volumes. Le bilan annuel 2025 confirme l’ampleur du trou : 224 186 unités immatriculées sur l’ensemble de l’année, soit -16,1 % par rapport à 2024. Le marché sort d’une année structurellement difficile, pas d’un simple accident de parcours.

La répartition par segment mérite une attention particulière. Si la progression de +7,9 % est principalement portée par les gros cubes — segment plus sensible aux cycles économiques et aux décisions d’achat différables — ou au contraire par les 125 cc, l’interprétation n’est pas la même. Les données disponibles ne permettent pas de calculer la contribution respective de chaque segment à la variation, mais la question est utile à poser pour les prochains bilans mensuels. Les dynamiques propres à chaque catégorie peuvent diverger significativement du chiffre global.

À quel moment parler de reprise ?

La base de comparaison déprimée de début 2025 ne concerne pas uniquement février. Si les mois de mars à juin 2025 ont également enregistré des chutes importantes, les variations annuelles de mars à juin 2026 resteront mécaniquement positives, sans que cela reflète nécessairement une demande en hausse. L’effet de rattrapage statistique peut se prolonger plusieurs mois avant de s’estomper.

Le critère pertinent est simple : les volumes mensuels de 2026 dépassent-ils ceux de 2024, mois par mois ? Tant que la réponse est non, la progression sur 2025 décrit une normalisation partielle, pas une reprise. Le terme reprise sera justifié quand plusieurs mois consécutifs passeront au-dessus des niveaux de 2024, sur les deux segments et non sur l’un d’eux seulement.

Deux repères concrets à surveiller dans les prochains communiqués mensuels : la variation par rapport à 2025 (elle continuera probablement d’être positive tant que la base reste déprimée) et, surtout, la variation par rapport à 2024 (c’est elle qui mesure si le marché reconstruit réellement de la demande). Si ces deux indicateurs convergent dans le positif sur trois ou quatre mois consécutifs, le diagnostic changera.