Un casque « développé en France » vendu entre 80 et 200 euros – ça mérite qu’on regarde de plus près ce qui se cache derrière l’étiquette.
NOX n’est pas une marque fantôme : elle existe depuis 2000, s’appuie sur une maison mère fondée en 1935 et homologue ses produits selon les normes européennes en vigueur.
Mais entre le discours marketing et la réalité sur la route, il y a parfois un écart que les motards ressentent au premier trajet. Voici ce que les modèles phares de la gamme valent vraiment.
Quelle est la marque NOX et d’où vient-elle?
NOX est une marque d’équipements moto fondée en 2000 par la société familiale Wheelers Factory, filiale du groupe Doupeux Gaubert (DG), lui-même créé en 1935 à Clermont-Ferrand.
Le groupe DG s’est historiquement spécialisé dans les pièces détachées et les accessoires deux-roues, un terrain qu’il connaît depuis près de 90 ans.
Ce qui distingue NOX d’une simple marque de distribution, c’est son investissement en R&D. Les ingénieurs de la firme ont notamment déposé le brevet du premier blouson airbag pour motards – une avancée technique réelle, pas un argument publicitaire.
C’est dans ce contexte que le groupe DG a lancé la division Nox Premium en 2000, avec un cahier des charges design intégralement pensé en France.
Sur la chaîne de fabrication, NOX ne fait pas exception à la règle du secteur : la production est assurée majoritairement en Asie, comme la quasi-totalité des casques à ce niveau de prix.
Ce que NOX apporte côté français, c’est le développement produit, les homologations et une partie du suivi qualité. C’est honnête à condition de ne pas confondre « développé en France » avec « fabriqué en France ».
Gamme et prix des casques NOX : ce qu’il faut savoir avant d’acheter

La gamme NOX couvre un spectre large : de 80 à environ 200 euros selon le type de casque et le niveau de finition.
On trouve des modèles en polycarbonate injecté pour les entrées de gamme, de la fibre composite pour les milieu de gamme, et du carbone Kevlar sur quelques références plus sportives.
Tous les casques NOX commercialisés en France sont homologués ECE 22.06 (ou 22.05 selon les références plus anciennes encore disponibles en stock), l’homologation minimale exigée pour circuler légalement sur route ouverte en Europe.
La norme 22.06, plus récente et plus exigeante sur les chocs obliques et le comportement de la visière, est progressivement adoptée sur l’ensemble de la gamme active.
La distinction entre NOX standard et NOX Premium mérite d’être clarifiée. NOX standard regroupe les casques à vocation fonctionnelle avec un rapport accessibilité/protection solide.
NOX Premium est la branche où le design est entièrement développé en France – lignes plus travaillées, finitions plus soignées, positionnement tarifaire légèrement supérieur. Le Heritage, présenté plus bas, appartient à cette division.
Casque modulable NOX N968 : caractéristiques et verdict
Le N968 est le modulable de la gamme NOX, et son mécanisme mérite attention : la mentonnière se rétracte vers le haut du casque – pas vers le bas comme sur beaucoup de modulables classiques.
Concrètement, en ville, vous basculez la mentonnière d’une main et obtenez un casque ouvert de type jet sans avoir à retirer le casque. C’est ergonomique, même si le geste demande quelques sorties pour devenir un réflexe.
La coque est en polycarbonate/ABS avec deux tailles disponibles selon le tour de tête, ce qui améliore le galbe et le confort par rapport aux coques uniques.
L’écran incolore est traité anti-rayures et compatible Pinlock (insert anti-buée vendu séparément). L’écran solaire intégré, rétractable par tirette, offre une protection fumée appréciable en plein soleil.
Le poids annoncé est de 1 700 g (+/- 50 g) – c’est dans la norme pour un modulable entrée/milieu de gamme, mais perceptible après plusieurs heures de route.
L’homologation ECE 22.06 en position P (intégral) et J (jet mentonnière ouverte) garantit la légalité dans les deux configurations d’utilisation. À 119 euros en promo contre 149 euros en prix catalogue, le N968 se positionne clairement sur le segment budget des modulables.
Le verdict est mesuré : le N968 fait ce qu’on lui demande à ce tarif. L’insonorisation reste perfectible – attendez-vous à des nuisances sonores perceptibles à partir de 100 km/h, surtout sans bouchons d’oreilles.
L’intérieur démontable et lavable est un point positif concret pour l’entretien au quotidien.
Casque NOX N312 : une bonne option pour l’aventure et l’enduro?

Le N312 adopte une silhouette cross/aventure avec une casquette proéminente, des aérations marquées et des lignes anguleuses directement inspirées du tout-terrain.
Son poids de 1 300 g est son argument le plus solide – soit 400 grammes de moins que le N968, une différence qui se ressent vraiment lors des manoeuvres lentes sur piste ou en forêt.
La coque en polycarbonate/résine thermoplastique est proposée en deux tailles de calotte. L’intérieur est hypoallergénique, déhoussable et lavable – utile pour les sorties boueuses.
L’emplacement Bluetooth prévu en série est pratique pour les motards qui roulent connectés, sans avoir à bricoler une fixation externe. La boucle micrométrique facilite le réglage avec des gants.
Sur la gestion de la lumière, le N312 intègre une double visière – transparente et solaire, avec une prédisposition Pinlock 30 sur l’écran principal.
Pour un usage trail ou aventure sur routes mixtes, la polyvalence est réelle. Le prix catalogue à 160,50 euros (accessible à partir de 128 euros en promo) reste dans la fourchette attendue pour ce profil de casque.
Ce n’est pas un casque pour les sorties enduro intensives : la protection mandibulaire et la ventilation ne rivaliseront jamais avec un casque cross dédié.
En revanche, pour le motard qui fait 80 % de route et 20 % de chemin blanc, le N312 tient son rôle sans prétendre à plus.
NOX Premium Heritage : le casque jet vintage tient-il ses promesses?
Le Heritage joue la carte rétro avec une coque jet aux lignes épurées et un intérieur en simili cuir retourné – un détail qui change vraiment l’expérience à l’enfilage comparé aux mousses synthétiques standard.
La doublure est démontable et lavable, ce qui est moins évident sur les casques jet de style vintage où les finitions intérieures sont souvent sacrifiées sur l’autel de l’esthétique.
Techniquement, la double configuration d’écran (incolore anti-rayures + solaire rétractable) évite d’avoir à choisir entre confort visuel sous la pluie et protection en plein soleil.
La calotte en polycarbonate injecté est solide à ce prix. La garantie constructeur affichée est d’un an. Le tarif tourne entre 159 et 162 euros selon la taille, avec peu de variations en promo.
Le Heritage s’adresse à un profil précis : le motard urbain ou le custom rider qui veut un jet présentable sans payer le prix d’un Bell ou d’un Biltwell. Pour cet usage, le positionnement tient la route.
En revanche, si vous cherchez du vrai cuir ou une finition haut de gamme comparable aux marques premium européennes, vous serez déçu au toucher.
Le simili cuir vieillit moins bien sur la durée – c’est un fait matériel, pas un défaut de conception.
Avis et retours d’utilisateurs sur les casques NOX

Les retours récurrents sur les casques NOX convergent sur quelques points précis.
Le rapport homologation/prix est régulièrement cité comme le premier argument d’achat : avoir un casque certifié ECE 22.06 sous les 150 euros n’est pas si courant.
Les acheteurs apprécient aussi la disponibilité des mousses amovibles et lavables, point d’hygiène concret qui fait défaut sur certains concurrents à prix identique.
Du côté des critiques, le bruit aérodynamique revient sur quasiment tous les modèles à partir d’une vitesse autoroutière.
Le N968 en particulier est signalé comme bruyant à 130 km/h – ce n’est pas rédhibitoire, mais ça impose des bouchons d’oreilles sur les longs trajets.
Le poids du N968 à 1 700 g est également pointé par des utilisateurs qui comparent avec des concurrents comme le Shark EVO-ES ou le Shoei Neotec, certes deux à trois fois plus chers.
Sur les finitions, les avis se nuancent selon la gamme. La ligne NOX Premium Heritage reçoit des retours plus positifs sur la qualité perçue que les modèles standard.
Les passionnés de personnalisation de casques notent d’ailleurs que la surface polycarbonate des casques NOX se prête bien à la reprise en peinture, à condition de préparer correctement la surface.
Le service après-vente est décrit comme fonctionnel, sans être remarquable. Les pièces détachées (écrans, mousses) sont disponibles chez les revendeurs habituels, ce qui est un vrai point positif sur la durabilité pratique du produit.
NOX reste un choix pertinent pour les petits budgets, moins évident au-delà
À moins de 130 euros, NOX a peu de concurrents sérieux sur l’homologation ECE 22.06 et la finition. C’est là que la marque est la plus à l’aise.
Pour un jeune permis, un casque de dépannage ou un deuxième casque à prêter, les modèles NOX remplissent leur mission. Le calcul se complique autour des 150-160 euros.
À ce niveau, des marques comme Stormer, MT Helmets ou Airoh proposent des alternatives bien positionnées, parfois avec une meilleure insonorisation ou des matériaux plus légers. Le différentiel de prix s’amenuise et la concurrence devient plus dense.
Si vous roulez régulièrement sur autoroute ou plusieurs heures d’affilée, l’investissement dans un casque à 200-250 euros d’une autre marque peut s’avérer plus rentable sur la durée.
Les motards qui pratiquent l’aventure ou le trail avec des motos type mid-size adventure trouveront dans le N312 un casque honnête pour les sorties détente, mais les riders qui veulent pousser la pratique off-road auront vite besoin d’autre chose.
Quel casque NOX choisir selon son usage?

La réponse dépend presque uniquement de votre usage réel, pas du modèle le plus vendu ou du plus bel emballage.
- Vous faites de la ville et de la route mixte : le N968 modulable est le choix logique. La mentonnière rétractable vers le haut change la vie aux feux et dans les embouteillages. Privilégiez-le en promo à 119 euros plutôt qu’au prix catalogue.
- Vous pratiquez le trail ou l’aventure : le N312 à 1 300 g et double visière correspond bien aux besoins d’un motard qui sort principalement sur route avec quelques incursions en piste. Son poids contenu sur ce segment est un avantage réel.
- Vous cherchez un casque jet avec un style rétro : le Heritage NOX Premium est la référence de la gamme pour ce profil. L’intérieur simili cuir et le double écran justifient son positionnement à 160 euros face aux jets génériques.
Si votre budget vous permet d’aller au-delà de 200 euros, regardez aussi ce que proposent les marques espagnoles ou taïwanaises à ce niveau de prix – vous trouverez des coques fibre plus légères et une meilleure insonorisation.
Mais si vous restez dans l’enveloppe NOX, achetez en promo et vérifiez que la taille de coque correspond à votre tour de tête réel. Un casque mal ajusté reste un mauvais casque, quelle que soit sa marque.
NOX n’a jamais prétendu rivaliser avec Arai ou Schuberth. La marque occupe un créneau précis, elle le fait correctement, et c’est déjà plus qu’on ne peut en dire de beaucoup d’autres étiquettes à ce tarif.