Dinatel Auto : concessionnaire moto, téléphonie embarquée et fermeture en 2011

Dinatel Auto

Un concessionnaire Kawasaki qui vend 1 300 motos en un an et un service de téléphonie embarquée France Télécom lancé dans les années 80 – les deux portent le même nom.

Derrière « Dinatel Auto », deux histoires que tout oppose, mais que les recherches confondent régulièrement. Voici ce que chacune recouvre vraiment.

Dinatel Auto Moto, un concessionnaire ancré à Houilles depuis 1976

Dinatel SA s’est installée au 43 boulevard Émile Zola, à Houilles (78800), en devenant concessionnaire Kawasaki dès 1976.

L’enseigne a ensuite ouvert un second établissement au 51 du même boulevard en 2002, année où elle a également décroché la concession Yamaha. Le SIREN de la société est le 307 615 450, et c’est Franz Olivier Nabholtz qui en assurait la présidence.

L’activité principale reste la vente et la réparation de motocycles, mais Dinatel ne s’est pas limité au catalogue standard des deux constructeurs japonais.

Dès les années 90, le concessionnaire s’est tourné vers le motocross, un segment qui exige un tout autre niveau de préparation technique que la route classique.

En 1994, l’atelier commence à proposer des préparations spécifiques sur motos de cross neuves. En 2002, la structure va plus loin avec des « packs racing » – des configurations clé en main pensées pour les pilotes amateurs qui veulent une moto prête à engager sur un circuit de cross sans passer des heures en atelier.

Ce positionnement sur le motocross a construit une clientèle fidèle et technique, différente du simple acheteur de moto routière.

Quels volumes de ventes Dinatel atteignait-il à son apogée?

Dinatel Auto

L’année 2007 a représenté le sommet absolu pour Dinatel : 1 300 motos vendues toutes catégories confondues, un chiffre d’affaires dépassant les 7 millions d’euros.

Sur le seul segment cross, la concession écoulait jusqu’à 180 motos neuves par an, auxquelles s’ajoutait une centaine d’unités d’occasion dans la même discipline.

Ces chiffres donnent la mesure réelle de l’entreprise. Avec 11 salariés, Dinatel atteignait un ratio de plus de 600 000 euros de CA par employé – une productivité commerciale solide pour un concessionnaire de taille intermédiaire.

La spécialisation cross n’était pas anecdotique : elle pesait lourd dans le volume et probablement plus encore dans la marge, les préparations racing générant une valeur ajoutée que la vente de motos route standard n’offre pas.

Ce record de 2007 n’est pas propre à Dinatel. Le marché français du deux-roues motorisé atteignait lui aussi son pic historique cette année-là. La suite allait être brutale.

Pourquoi Dinatel a-t-il fermé en 2011?

La liquidation judiciaire a été prononcée le 5 juillet 2011, clôturant 35 ans d’activité et laissant 11 salariés sans emploi. Les causes sont documentées : crise économique de 2008, compression des marges, et pression croissante d’internet sur la vente de pièces détachées.

La chronologie est claire. Après 2007, le chiffre d’affaires recule exercice après exercice. Les difficultés de trésorerie s’accumulent, provoquant des retards de paiement fournisseurs, puis des ruptures d’approvisionnement.

Quand un concessionnaire ne peut plus honorer ses commandes, la spirale s’emballe rapidement.

Le contexte de marché aggrave tout. En 2012, les immatriculations de deux-roues motorisés en France ont chuté de 10,3 % par rapport à 2011 – et cette tendance était déjà à l’oeuvre depuis 2008.

La Fédération des équipementiers (FIEV) estimait à 45 000 le nombre d’emplois menacés dans la filière sur trois ans. Dinatel n’était pas un cas isolé, mais un symptôme d’un secteur en contraction durable.

Le Dinatel auto de France Télécom : la téléphonie embarquée des années 90

Dinatel Auto moto

France Télécom a lancé le réseau Radiocom 2000 en novembre 1985, un réseau analogique conçu pour permettre la communication depuis un véhicule en mouvement.

Le service embarqué commercialisé sur cette infrastructure s’appelait Dinatel Auto – un combiné fixé au tableau de bord, relié au réseau via une antenne extérieure.

La montée en charge a été rapide. En 1988, Radiocom 2000 comptait jusqu’à 60 000 abonnés, et plus de 90 % des appareils connectés étaient installés à bord de véhicules. C’était le téléphone mobile de l’époque, avant que le GSM ne rende le tout obsolète en quelques années.

Le service ciblait les professionnels itinérants – commerciaux, artisans, transporteurs – pour qui rester joignable en voiture avait une valeur économique réelle. Le combiné fixe au tableau de bord, c’était le standard haut de gamme d’alors.

Deux réalités sous un même nom : comment ne pas confondre les usages du terme Dinatel?

Vous tombez sur « Dinatel Auto » dans une recherche et vous obtenez tantôt des résultats sur un concessionnaire Kawasaki de Houilles, tantôt des références à un service téléphonique des années 80. Les deux entités n’ont aucun lien entre elles – ni capitalistique, ni sectoriel, ni géographique.

  • Dinatel SA (concessionnaire) : société immatriculée SIREN 307 615 450, active de 1976 à 2011, spécialisée motos Kawasaki et Yamaha, liquidée judiciairement le 5 juillet 2011 à Houilles.
  • Dinatel Auto (France Télécom) : service de téléphonie embarquée sur réseau Radiocom 2000, lancé en 1985, actif principalement entre 1985 et la fin des années 90, sans rapport avec la mécanique ou la moto.

Si vous cherchez des informations sur la liquidation ou l’historique du concessionnaire de Houilles, le contexte moto et les dates 1976-2011 vous orientent immédiatement.

Si vous cherchez l’ancien service embarqué France Télécom, c’est Radiocom 2000 et la décennie 80-90 qui balisent le sujet. Un même nom, deux histoires qui ne se croisent pas.